Petites et grandes histoires de Villeneuve-Loubet

Les premières traces remontent à l’Antiquité où notre territoire avait déjà séduit les Romains...

Le site de Villeneuve-Loubet appartenait au territoire de la cité d'Antipolis. A Vaugrenier, les fouilles archéologiques ont mis au jour les restes d'un sanctuaire grec du II° siècle avant J.C ainsi que les vestiges d'un grand temple édifié au centre d'une agglomération romaine implantée le long de la via Aurelia au Ier siècle avant notre ère.


Une cité fondée par Romée

C'est au début du XIII° siècle que s'est constituée la seigneurie de Villeneuve par agrégation des territoires de trois fiefs : Le Gaudelet, Le Loubet et La Garde.

A l'origine, l'expédition guerrière est menée par Romée de Vilanova, un noble catalan au service du Comte de Provence. Vers 1230, Romée, en vainqueur, construit un château ( dont il reste le donjon ), fonde le village et constitue la nouvelle seigneurie en lui donnant son nom : Villeneuve.

Romée de Villeneuve, Sénéchal de Provence, était un personnage considérable, il jouait le rôle de "premier ministre" au sein de la cour comtale.
Il est même devenu un personnage légendaire célébré par Dante Alighieri dans "la Divine Comédie".


La forteresse médiévale, un monument historique remarquable

Edifié vers 1230 sur le territoire conquis par Romée de Villeneuve, c’est un des rares exemples de l'architecture médiévale dans les Alpes-Maritimes.

Il a gardé son magnifique donjon pentagonal de 33 mètres de haut. Les murs d'enceinte qui protègent la forteresse sont percés de grandes canonnières du début du XVI° siècle.

Le logis a été réaménagé au fil du temps après que le château a perdu sa fonction militaire pour devenir lieu de villégiature.

Les dernières modifications datent de la fin du XIX° de même que le parc, planté d'espèces méditerranéennes et exotiques, lui aussi inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques. C'est une propriété privée appartenant à la famille du Marquis de Panisse-Passis depuis 1742.


A l'heure de la Renaissance

Au XVI° siècle, les Lascaris, seigneurs de Villeneuve sont parvenus à reconstruire et repeupler le village, déserté suite aux épidémies et aux disettes.

C'est à cette époque que Villeneuve-Loubet a rencontré l'Histoire de France, en se trouvant au coeur des guerres d'Italie qui opposaient l'empereur Charles Quint au Roi de France.

Occupé en 1524 par le Connétable de Bourbon, à la tête des armées impériales, puis en 1536 par l'Empereur Charles Quint en personne, le château connaîtra ses heures de gloire en 1538 quand le Roi de France, François Ier, viendra y séjourner pour négocier la Trêve de Nice avec l'Empereur à la demande du Pape Paul III.


La Belle Epoque de Villeneuve-Loubet

A la Belle Epoque ( 1870-1914 ), avec ses commerces et ses artisans, la commune, qui compte alors un millier d'habitants, est une petite bourgade très animée.

Sa principale vocation est agricole grâce aux terres irriguées par le Loup où les cultures maraîchères prospèrent. On y cultive aussi le blé, la vigne, les oliviers et les plantes à parfum ( menthe, géraniums, rose de mai ) pour les parfumeries de Grasse.

L'élevage du ver à soie qui illustre pourtant le blason de la commune, a disparu et c'est la production de tabac, très réglementée, qui apporte un appréciable complément de revenu.

C'est à cette époque que prend naissance le tourisme d'excursion à Villeneuve. Les citadins de Grasse ou de Nice prennent l'habitude de venir se détendre le dimanche au bord du Loup. Des hôtels restaurants s'implantent, des guinguettes s'installent sur les rives ombragées, on se promène en barque ou en calèche…


Et l'arrivée du tramway au début du XX° siècle ancre définitivement la vocation touristique de Villeneuve-Loubet.

On notera d'ailleurs qu'au lendemain de la 1ère Guerre Mondiale, le Maréchal Pétain élira résidence dans une superbe propriété du côté des Ginestières, détruite depuis.


La naissance de la ville résidentielle actuelle

Après la seconde guerre mondiale, de nombreux projets d'aménagement transforment le petit bourg agricole en commune littorale, résidentielle et touristique.

Au moment où la Côte d'Azur devient une destination de choix pour les vacances d'été, Villeneuve-Loubet est la capitale française des campings avec une trentaine de terrains implantés au bord de la mer comme au village.

Puis des programmes immobiliers de grande qualité ( les Hauts de Vaugrenier, les Hameaux du Soleil, le Domaine Saint-Andrieu ) se réalisent.


Le plus emblématique est celui de Marina Baie des Anges, construit entre 1969 et 1993. Sur des terrains acquis par Lucien Nouvel, l'architecte André Minangoy a dessiné un véritable complexe touristique autour d'un port de plaisance. Jean Marchand est le dynamique promoteur qui parviendra à mener à bien cet ambitieux projet, classé en 2001 "patrimoine architectural du XX° siècle".